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Musique classique et opéra par Classissima

Tabea Zimmermann

samedi 2 juillet 2016


Resmusica.com

10 juin

Concertos de Mozart par Frank Peter Zimmermann, les vertus du classicisme maîtrisé

Resmusica.comWolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour violon et orchestre n° 2 K 211 et n° 5 K 219 ; Symphonie concertante pour alto, violon et orchestre. Frank Peter Zimmermann : violon ; Antoine Tamestit : alto. Orchestre de chambre de l’orchestre symphonique de la radio bavaroise, direction : Radoslaw Szulc. 1 CD Hänssler classic. Enregistré en juin 2015 à la Herkulesaal de la résidence de Munich. Notice bilingue (anglais, allemand). Durée : 74’54.

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31 mai

Les trois Quatuors avec piano de Brahms au Théâtre des Champs-Elysées

Leif Ove Andsnes (piano), James Ehnes (violon), Tabea Zimmermann (alto) et Clemens Hagen (violoncelle) jouent les Quatuors pour piano de Brahms le 11 avril 2016 au Symphony Center de Chicago / © Todd Rosenberg 2016 Les amateurs de musique de chambre les plus passionnés, les plus assidus, ne se souviennent guère d’avoir entendu un même soir les trois œuvres écrites par Brahms pour une formation à vrai dire paradoxale, peu traitée (deux fois par Mozart, une fois par Schumann) et qui exige la réunion, et la fusion aussi, de quatre instrumentistes d’absolument premier ordre. Tous solistes de leur plein droit, ils ont toutefois à effacer leur ego, tant ces œuvres sont collectives, et affirmer pourtant le moment venu leur préséance, tant Brahms s’entend à demander à chacun d’eux, mais par instants seulement, le timbre, la pulsion, l’intensité, le coup de jarret qu’il est seul à pouvoir donner. La partie sera faite belle au violoncelle, dont le chant s’entend de bout en bout : et on sait comme Brahms peut faire chanter le violoncelle, alors même que c’est le piano qui est héros en titre d’un concerto. Le Stradivarius de Clemens Hagen, sa sonorité soyeuse, sa ligne de chant, son legato ont été en évidence, sans jamais en rien être mis en vedette. Mais l’intensité plus sombre du timbre de Tabea Zimmermann à l’alto, et quelque chose comme une chaleur lumineuse soudain arrachée au violon de Christian Tetzlaff dans des traits d’une douceur miraculeuse, tout cet ensemble demande que soient réunis quatre princes, que chacun soit sensationnel, et pourtant à quatre ne fassent qu’un. Inutile de dire que par la nature même de sa sonorité et de sa percussivité (ici contrôlée jusqu’à la sorcellerie) le piano pourrait rester à part et jouer un peu en star, d’autant que Brahms lui offre des virtuosités tsiganes à peine croyables. Le tact supérieur de Leif Öve Andsnes fait que l’intégration du piano aux cordes, sa façon de ressortir aussi, soient l’une et l’autre opportunes, parfaites. Et dans une beauté de son, jamais cinglante, jamais métallisée, gardant une rondeur à la Mozart ou à la Schubert : de même que les cordes, elles, toujours si sollicitées émotionnellement et expressivement, et si intenses, restent capables de mezza voce, de pianissimi les plus intimes et envoûtants, timbrés pourtant, sans aucun clinquant ni stridence, jamais. Miracle si on pense aux deux pleines heures de musique soutenue que durent les trois Quatuors : Tetzlaff vit d’ailleurs une corde de son violon péter au dernier mouvement du Troisième. Tel était l’échauffement. Et l’excitation, l’enthousiasme dans une salle où la fin du Premier Quatuor déjà soulevait une stupéfaction telle qu’en un sens le concert aurait pu s’arrêter là. Heureusement il n’en fut rien. Et la confrontation entre ces trois ouvrages que Brahms a portés ensemble, diversement longs à achever, mais immensément remodelés tous les trois, était plus qu’instructive. Elle souligne la déflagration insensée d’énergie et de facilité, faconde créatrices dans le Premier en sol mineur qui se moque royalement de tout ce qui s’est jamais appelé quatuor, et secoue la grande ombre de Beethoven (personne avant n’avait osé) très très fort. Il faut dire que nos complices y ont atteint dans l’Intermezzo et le Trio à des délicatesses d’elfe, d’une perfection et d’une finesse sonores rarement entendues ; et les doigts, très en évidence alors, d’Andsnes dans les tsiganeries ahurissantes de la fin ont su y mettre les mêmes effleurements d’elfe ! On n’a pas pu ne pas trouver en contraste que l’illustre lyrisme apaisé du Second en la majeur tirait un peu à la ligne, et qu’on n’y sentait pas de la même manière la tension harmonique, la pulsion propres à Brahms ; un soupçon de fadeur distinguée, ou dirons-nous d’académisme, en viennent alors à cette musique et ce chant si beaux ! Mais le Troisième en ut mineur n’en apparaîtra alors qu’admirablement plus concis, sobre et intense en même temps, comme si Brahms, se reprenant une douzaine d’années plus tard, était arrivé au point idéal de condensation et de pureté où il peut laisser tomber sa plume et se dire : c’est parfait. Merci au Théâtre des Champs-Elysées, très fort, pour une soirée qui n’est possible que là, une soirée voulue telle, dans une programmation qui est aussi un lent ensemencement, dont voici le plus beau fruit. Théâtre des Champs-Elysées, le 30 mai 2016




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20 avril

NANCY : reprise de La Rose Blanche (1967)

NANCY. La Rose Blanche : 20 mai – 3 juin 2016. Udo Zimmermann signe un sommet lyrique contemporain d’une noirceur sobre, efficace, glaçante dont la fulgurance ressuscite l’effroi grandiose et terrifiant de la tragédie grecque. Les deux héros de cette fable moderne surgissent du fond de la nuit, deux spectres que la mort a saisi, et dont la clairvoyance éblouit par sa grandeur. Sophie et Hans ont tenté de combattre le fascisme : l’opéra haletant, hallucinant, parcouru d’éclairs et de cauchemars, de visions d’une claire suggestion, ressuscite l’héroisme de deux Justes, torturés, broyés par la Barbarie. La production saluée en février 2013 par classiquenews lorsqu’elle fut présentée en création française par Angers Nantes Opéra, reprend du service à Nancy, avec la même équipe de chanteurs, deux vois, deux tempéraments d’une exceptionnelle intensité et justesse poétique : la sœur et le frère, sacrifiés sur l’autel de la barbarie nazie : Elizabeth Bailey et Armando Noguera. L’ouvrage en allemand, créé en 1967, glorifie à juste titre ce groupe d’étudiants dit “La rose blanche” qui affirmant leur résistance contre le fascisme hitlérien en 1942, paya très cher leur courage admirable. A cette occasion, l’Opéra de Nancy s’associe au Goethe Institut pour une série d’événements (exposition, rencontre, ciné conférences….) autour de La Rose blanche (voir détails dans le dossier de presse). Production incontournable. LA ROSE BLANCHE d’Udo Zimmermann à Nancy 9 représentations au Théâtre de la Manufacture les 20, 22, 24, 25, 27, 28, 31 mai 2016 et les 1er et 3 juin 2016 . Nicolas Farine, direction musicale Stephan Grögler, mise en scène Sophie, Elizabeth Bailey Hans Scholl, Armando Noguera. VOIR le reportage vidéo exclusif réalisé en février 2013 par CLASSIQUENEWS LIRE notre compte rendu complet de La Rose Blanche présentée par Angers Nantes Opéra La version que nous offre Angers Nantes Opéra est celle de 1986 : d’un premier ouvrage à plusieurs personnages et pour grand orchestre, Zimmermann a fait une épure ciselée comme du Britten, évocatoire et parfois âpre comme du Berg, proche par son éloquence et sa finesse linguistique de Bach.
Sur la scène, deux acteurs chanteurs à la présence vocale, dramatique et incantatoire d’une subtilité exemplaire traversent la série de tableaux conçus comme des transes, des visions hallucinées, entre terreur, douleur, surtout courage : Hans et Sophie, le frère aîné et la sœur, défient jusqu’à la mort les faiblesses, les lâchetés pourtant excusables. Leurs frêles silhouettes se dressent malgré tout et jusqu’au bout contre un climat de terreur intelligemment cultivée tout au long du spectacle. Les deux cœurs justes ullulent, murmurent ou expriment toute une palette de sentiments divers, véritable tour de force vocal et lyrique qui semble aussi revisiter les lamentos baroques et l’incantation montéverdienne.



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