Musique Classique en ligne - Actualité, concerts, bios, musique & vidéos sur le net.

Musique classique et opéra par Classissima

Tabea Zimmermann

mardi 6 décembre 2016


Classiquenews.com - Articles

16 novembre

A SAINTES, Amandine Beyer dirige le Jeune Orchestre de l’Abbaye

Classiquenews.com - Articles SAINTES. Concert du JOA, Amandine Beyer, le 21 novembre 2016. Sous la voûte de l’Abbaye aux Dames à Saintes, un orchestre singulier, composé de jeunes apprentis instrumentistes propose un programme exaltant, formateur, dédié à l’esthétique préclassique (galante et Sturm und Drang)… Déjà 20 ans d’activité et une énergie sans bornes ni limitation, le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye (formation école emblématique de Saintes) poursuit ses sessions formatrices, permettant le perfectionnement et la professionalisation des jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs, que la pratique des instruments d’époque stimule particulièrement. Pendant la saison de ses 20 ans (2016-2017), l’Orchestre, véritable phalange incontournable dans le paysage européen, propose en novembre un programme saisissant alliant nouveaux défis interprétatifs et découverte de compositeurs au génie éruptif, contagieux : Carl Philip Emanuel Bach (l’un des fils les plus aguerris et passionnants de Jean-Sébastien), et Friedrich WITT auteur de la symphonie à décrypter et savourer « Jena » en do Majeur. Pour réussir et piloter cette nouvelle session de travail qui aboutit à une série de 4 concerts publiques, l’Abbaye aux Dames à Saintes invite la violoniste à la subtilité ardente, Amandine Beyer, soliste légitimement appaludie que l’on connaît plus généralement comme le leader de l’ensemble sur instruments anciens, Gli Incogniti (Les Inconnus). Leur lecture des Quatre Saisons de Vivaldi demeure la réalisation récente la plus exceptionnelle dans l’interprétation vivaldienne; à Saintes, le temps de ce nouvel atelier symphonique, les jeunes instrumentistes sont immergés dans la démarche critique, analytique, vivante permettant une lecture extrêmement fouillée de chaque partition ; c’est pour le public l’occasion de (re)découvrir les pièces orchestrales avec le bénéfice souvent superlatif et exaltant des timbres et associations de couleurs, déployées de façon spécifique par les instruments d’époque (dont les cordes en boyau ne sont que l’une des composantes). Face aux publics, les jeunes stagiaires pourront ainsi recueillir les indications et explications d’Amandine Beyer qui joue sur un violon d’époque, au sein de son propre ensemble et aussi de Café Zimmermann, ou de La Fenice… Elle est en outre professeur au stage de musique baroque de Barbaste et professeur de violon baroque à la Escola Superior de Música e das Artes do Espectaculo de Porto. En septembre 2010, elle a succédé à Chiara Banchini comme professeur de violon baroque à la Schola Cantorum de Bâle. CREPITEMENTS, NUANCES DE L’ORCHESTRE PRECLASSIQUE… Pour le premier stage d’orchestre de la rentrée 2016, le JOA est ainsi à l’Abbaye aux Dames, du 14 au 22 novembre 2016 pour une session qui s’avère passionannte autant pour les élèves instrumentistes que le public assistant aux 4 concerts annoncés. L’esthétique abordée est celle qui mène au XVIIIè, du Sturm und drang, au galant et au style préclassique. L’articulation, l’ornementation, les qualités de respiration, d’accentuation, de subtilité agogique sont particulièrement sollicitées. Nous voici confrontés à la grande forge orchestrale dont la virtuosité et l’intériorité, la plénitude sonore, souvent théâtrale c’est à dire opératique, annoncent directement les grands génies romantiques à venir : dans l’esprit de Mozart, Beethoven et Schubert… A Saintes, les jeunes instrumentistes viennent perfectionner une technique, un esprit, une discipline, ceux sur instruments anciens au service des oeuvres classiques ou romantiques. Cette session classique s’annonce magistrale. Captivant. Au programme : Carl Philipp Emanuel BACH : Symphonie en sol majeur, Wq 183/4 Joseph HAYDN : Concerto pour violon n°4 en sol majeur, Hob. VIIa/4 Friedrich WITT : Symphonie « Jena » en Do Majeur ___________ AUTOUR DU STAGE… TOURNEE DU JOA / Amandine Bayer en 4 dates, du 19 au 22 novembre 2016 Tournée de concerts : 4 dates pour entendre le programme préclassique : 19 novembre 2016 : L’Entracte, scène conventionnée à Sablé-sur-Sarthe (72) 20 novembre 2016 : Théâtre de la Coupe d’Or à Rochefort (17) 21 novembre 2016 : Abbaye aux Dames, la cité musicale, Saintes (17) à 20h30 22 novembre 2016 : Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33) TOUTES LES INFOS pour le concert à Saintes du 21 novembre 2016 : JOA / Amandine Beyer / L’orchestre des Lumières et l’Orchestre classique : CPE Bach, Haydn, Friedrich Witt… sur le site de l’Abbaye aux Dames, la cité musicale, Saintes http://www.abbayeauxdames.org/agenda/evenements/jeune-orchestre-de-labbaye/ Dégustation-Découverte : le 20 novembre à 11h à l’Abboutique : Rencontre avec Amandine Beyer, violoniste incontournable. Entrée libre . 11, place de l’Abbaye / CS 30 125 / F-17104 Saintes Cedex / France T +33 (0)5 46 97 48 30 / www.abbayeauxdames.org Les répétitions : L’orchestre ouvre ses répétitions aux élèves du Conservatoire municipal de musique et de danse de la ville de Saintes (classes de violon et de formation musicale) - Médiation avec le public scolaire : accueil d’une ou plusieurs classes de primaire le lundi 21 novembre – Les lycéens à l’écoute : accueil d’un groupe de 45 élèves du lycée Palissy au concert dans le cadre d’un partenariat privilégié cette année entre cet établissement scolaire et la cité musicale. Informations et réservations : 05 46 97 48 48 – Billetterie en ligne - Tarifs : 25 € tarif plein / 17 € tarif adhérent / 13 € dans le pass Suivez les coulisses du stage sur Facebook : www.facebook.com/jeuneorchestredelabbaye/ et également sur Twitter et Instagram @abbayeauxdames #JOA ORGANISER VOTRE PROCHAIN SEJOUR DANS L’ABBAYE AUX DAMES DE SAINTES http://www.classiquenews.com/festival-piano-en-saintonge-a-saintes/ _________________ APPROFONDIR VOIR L’orchestre sur instruments anciens La Symphonie des Lumières dirigée par Nicolas Simon interpréter la Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur de CPE BACH, à Saintes / comprendre ce qu’apportent les instruments d’époque en terme de couleurs, balance, format sonore, caractérisation expressive et poétique, … — reportage réalisé en mai 2013 © studio CLASSIQUENEWS http://www.classiquenews.com/video-la-symphonie-des-lumieres-nicolas-simon-direction/ VOIR notre dernier reportage vidéo réalisé à Saintes : la résidence du jeune ensemble sur instruments anciens NEVERMIND avec Jean Rondeau : pourquoi jouer (entre autres) les Quatuors parisiens de Telemann (mars 2016) : http://www.classiquenews.com/reportage-lensemble-nevermind-en-residence-a-saintes-fevrier-2016/ VOIR : LE REPORTAGE DES 20 ANS ; pour ses 20 ans, en 2016, le JOA Jeune Orchestre de l’Abbaye s’offre un reportage complet dévoilant son fonctionnement, ses enjeux, ses missions et ses apports indiscutables dans la professionnalisation d’un nombre de plus en plus important de jeunes musiciens que la question du jeu sur instruments d’époque, porte, inspire, passionne… grand reportage vidéo, réalisation : Philippe-Alexandre Pham © studio CLASSIQUENEWS 2016

Resmusica.com

12 novembre

Carl Philipp Emanuel Bach mis à l’honneur par Café Zimmermann et Rupert Charlesworth

Paris. Salle Cortot. 8-XI-2016. Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) : Sonate en sib majeur Wq 158 ; Sinfonia en la mineur Wq 156 ; Sonatina en ré mineur Wq 104 ; Fürsten sind am Lebensziele Wq 214 ; Selma Wq 236 ; Drei Arien Wq 211 ; Der Stoiker Wq 199/8 ; Lyda Wq 202/G/2 ; Phyllis Wq 202/C/2 ; Der Frühling. An Röschen Wq 200/9 ; Belinde Wq 202/B/3 ; Der Frühling Wq 237. Rupert Charlesworth, ténor. Café Zimmermann, direction : Céline Frisch et Pablo Valetti.




Classiquenews.com - Articles

4 novembre

Amandine Beyer dirige le Jeune Orchestre de l’Abbaye à SAINTES

SAINTES. Concert du JOA, Amandine Beyer, le 21 novembre 2016. Sous la voûte de l’Abbaye aux Dames à Saintes, un orchestre singulier, composé de jeunes apprentis instrumentistes propose un programme exaltant, formateur, dédié à l’esthétique préclassique (galante et Sturm und Drang)… Déjà 20 ans d’activité et une énergie sans bornes ni limitation, le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye (formation école emblématique de Saintes) poursuit ses sessions formatrices, permettant le perfectionnement et la professionalisation des jeunes instrumentistes parmi les plus prometteurs, que la pratique des instruments d’époque stimule particulièrement. Pendant la saison de ses 20 ans (2016-2017), l’Orchestre, véritable phalange incontournable dans le paysage européen, propose en novembre un programme saisissant alliant nouveaux défis interprétatifs et découverte de compositeurs au génie éruptif, contagieux : Carl Philip Emanuel Bach (l’un des fils les plus aguerris et passionnants de Jean-Sébastien), et Friedrich WITT auteur de la symphonie à décrypter et savourer « Jena » en do Majeur. Pour réussir et piloter cette nouvelle session de travail qui aboutit à une série de 4 concerts publiques, l’Abbaye aux Dames à Saintes invite la violoniste à la subtilité ardente, Amandine Beyer, soliste légitimement appaludie que l’on connaît plus généralement comme le leader de l’ensemble sur instruments anciens, Gli Incogniti (Les Inconnus). Leur lecture des Quatre Saisons de Vivaldi demeure la réalisation récente la plus exceptionnelle dans l’interprétation vivaldienne; à Saintes, le temps de ce nouvel atelier symphonique, les jeunes instrumentistes sont immergés dans la démarche critique, analytique, vivante permettant une lecture extrêmement fouillée de chaque partition ; c’est pour le public l’occasion de (re)découvrir les pièces orchestrales avec le bénéfice souvent superlatif et exaltant des timbres et associations de couleurs, déployées de façon spécifique par les instruments d’époque (dont les cordes en boyau ne sont que l’une des composantes). Face aux publics, les jeunes stagiaires pourront ainsi recueillir les indications et explications d’Amandine Beyer qui joue sur un violon d’époque, au sein de son propre ensemble et aussi de Café Zimmermann, ou de La Fenice… Elle est en outre professeur au stage de musique baroque de Barbaste et professeur de violon baroque à la Escola Superior de Música e das Artes do Espectaculo de Porto. En septembre 2010, elle a succédé à Chiara Banchini comme professeur de violon baroque à la Schola Cantorum de Bâle. CREPITEMENTS, NUANCES DE L’ORCHESTRE PRECLASSIQUE… Pour le premier stage d’orchestre de la rentrée 2016, le JOA est ainsi à l’Abbaye aux Dames, du 14 au 22 novembre 2016 pour une session qui s’avère passionannte autant pour les élèves instrumentistes que le public assistant aux 4 concerts annoncés. L’esthétique abordée est celle qui mène au XVIIIè, du Sturm und drang, au galant et au style préclassique. L’articulation, l’ornementation, les qualités de respiration, d’accentuation, de subtilité agogique sont particulièrement sollicitées. Nous voici confrontés à la grande forge orchestrale dont la virtuosité et l’intériorité, la plénitude sonore, souvent théâtrale c’est à dire opératique, annoncent directement les grands génies romantiques à venir : dans l’esprit de Mozart, Beethoven et Schubert… A Saintes, les jeunes instrumentistes viennent perfectionner une technique, un esprit, une discipline, ceux sur instruments anciens au service des oeuvres classiques ou romantiques. Cette session classique s’annonce magistrale. Captivant. Au programme : Carl Philipp Emanuel BACH : Symphonie en sol majeur, Wq 183/4 Joseph HAYDN : Concerto pour violon n°4 en sol majeur, Hob. VIIa/4 Friedrich WITT : Symphonie « Jena » en Do Majeur ___________ AUTOUR DU STAGE… TOURNEE DU JOA / Amandine Bayer en 4 dates, du 19 au 22 novembre 2016 Tournée de concerts : 4 dates pour entendre le programme préclassique : 19 novembre 2016 : L’Entracte, scène conventionnée à Sablé-sur-Sarthe (72) 20 novembre 2016 : Théâtre de la Coupe d’Or à Rochefort (17) 21 novembre 2016 : Abbaye aux Dames, la cité musicale, Saintes (17) à 20h30 22 novembre 2016 : Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33) TOUTES LES INFOS pour le concert à Saintes du 21 novembre 2016 : JOA / Amandine Beyer / L’orchestre des Lumières et l’Orchestre classique : CPE Bach, Haydn, Friedrich Witt… sur le site de l’Abbaye aux Dames, la cité musicale, Saintes http://www.abbayeauxdames.org/agenda/evenements/jeune-orchestre-de-labbaye/ Dégustation-Découverte : le 20 novembre à 11h à l’Abboutique : Rencontre avec Amandine Beyer, violoniste incontournable. Entrée libre . 11, place de l’Abbaye / CS 30 125 / F-17104 Saintes Cedex / France T +33 (0)5 46 97 48 30 / www.abbayeauxdames.org Les répétitions : L’orchestre ouvre ses répétitions aux élèves du Conservatoire municipal de musique et de danse de la ville de Saintes (classes de violon et de formation musicale) - Médiation avec le public scolaire : accueil d’une ou plusieurs classes de primaire le lundi 21 novembre – Les lycéens à l’écoute : accueil d’un groupe de 45 élèves du lycée Palissy au concert dans le cadre d’un partenariat privilégié cette année entre cet établissement scolaire et la cité musicale. Informations et réservations : 05 46 97 48 48 – Billetterie en ligne - Tarifs : 25 € tarif plein / 17 € tarif adhérent / 13 € dans le pass Suivez les coulisses du stage sur Facebook : www.facebook.com/jeuneorchestredelabbaye/ et également sur Twitter et Instagram @abbayeauxdames #JOA ORGANISER VOTRE PROCHAIN SEJOUR DANS L’ABBAYE AUX DAMES DE SAINTES http://www.classiquenews.com/festival-piano-en-saintonge-a-saintes/ _________________ APPROFONDIR VOIR L’orchestre sur instruments anciens La Symphonie des Lumières dirigée par Nicolas Simon interpréter la Symphonie hambourgeoise en si bémol majeur de CPE BACH, à Saintes / comprendre ce qu’apportent les instruments d’époque en terme de couleurs, balance, format sonore, caractérisation expressive et poétique, … — reportage réalisé en mai 2013 © studio CLASSIQUENEWS http://www.classiquenews.com/video-la-symphonie-des-lumieres-nicolas-simon-direction/ VOIR notre dernier reportage vidéo réalisé à Saintes : la résidence du jeune ensemble sur instruments anciens NEVERMIND avec Jean Rondeau : pourquoi jouer (entre autres) les Quatuors parisiens de Telemann (mars 2016) : http://www.classiquenews.com/reportage-lensemble-nevermind-en-residence-a-saintes-fevrier-2016/



Classiquenews.com - Articles

18 août

Compte rendu, opéra. Saint Céré. Théâtre de l’usine, le 10 août 2016. Weil : L’Opéra de quat’sous. Desbordes, Perez, Peskine.

Compte rendu, opéra. Saint Céré. Théâtre de l’usine, le 10 août 2016. Weil : L’Opéra de quat’sous (titre original : Die Dreigroschenoper) opéra en trois actes sur un livret de Bertold Brecht (1898-1956). Eric Pérez, Macheath, Anandha Seethanan, Polly, Nicole Croisille, Mme Peachum … choeur et orchestre Opéra Eclaté, Manuel Peskine, direction. Eric Pérez et Olivier Desbordes, mise en scène, Patrice Gouron, décors, Jean Michel Angays, costumes, Guillaume Hébrard, construction décors, Paolo Calia, graffitis sur toile. Depuis 1989, date de la première présentation au festival de Saint-Céré, c’est la troisième production de l’Opéra de quat’sous que monte la troupe Opéra Eclaté. Si, comme nous le disait Eric Pérez dans le courant de l’hiver, cette nouvelle production est arrivée plus tôt que prévue suite à l’annulation de Cabaret initialement prévu, voici donc une lecture rigoureuse certes mais complètement déjantée du chef d’oeuvre du tandem Kurt Weill (1900-1950) / Bertold Brecht (1898-1956). Pour cette nouvelle production de l’Opéra de quat’sous, les metteurs en scène ont choisi de présenter la version française qui fut créée en 1939, soit onze ans après la création de l’oeuvre originale en langue allemande. C’est une mise en scène à quatre mains signée Olivier Desbordes et Eric Pérez qui entraîne le public, toujours aussi nombreux, dans l’univers sombre des bas quartiers de Londres. Comédiens déchainés L’Opéra de quat’sous : une équipe réjouissante donne vie au chef d’oeuvre de Kurt Weil Cependant ne nous y trompons pas, sous le vernis des éternelles rivalités entre gangs, se cache un univers plus loufoque : celui du cirque dans lequel les personnages évoluent sous le regard retors souvent, cruel parfois et toujours impitoyable de Mr Peachum, un Mr Loyal dans ce charivari grotesque parfois, mais plein de vie et très dynamique. Et le mélange des genres est d’autant plus réussi que la distribution réunit un groupe de comédiens chanteurs chevronnés. Oui, mais pas que, car c’est aussi une bande de copains, formée depuis la précédente production (Cabaret donné à Saint Céré en 2014), emmenés avec un talent et une gouaille inégalables par une Nicole Croisille en grande forme. Ainsi les bas quartiers de Londres, à la veille du couronnement de la reine deviennent des quartiers de cirque où les rivalités, toutes latentes qu’elles soient, sont des rivalités … d’opérette. Et la grande réussite de Weill et de Brecht est d’être parvenus à brosser une critique sévère, sans équivoque de la société de leur époque, surtout d’arriver à le faire sans se faire taper sur les doigts par la censure. Pérez et Desbordes ont si bien repris cette critique sociale à leur compte qu’ils en rajoutent une couche ou deux sans scrupules ; pour autant les deux compères ne forcent jamais le trait. Dans la famille Peachum, le père, campé par Patrick Zimmermann, est retors, impitoyable et si jaloux de ses prérogatives qu’il surveille sa fille avec autant, sinon plus, de sévérité que les mendiants dont il est le chef. La très belle performance de Zimmermann n’a rien à envier à celle de Nicole Croisille ; cette Mme Peachum là force le respect tant elle entre à fond dans son personnage. A 80 ans, elle chante, danse et joue la comédie avec une gourmandise insolente donnant à l’occasion une incroyable et superbe leçon de vie. Si Peachum est jaloux de tous les hommes susceptibles d’approcher sa fille chérie, c’est elle qui traque avec une hargne terrible sa fille dont le mariage la rend folle de rage même si elle se refuse à l’admettre. Avant même le début des festivités, Nicole Croisille chante la complainte de Mackie le surineur avec un brin de folie qui donne le ton de la soirée. Face à ce couple redoutable, Anandha Seethanen campe une Polly remarquable qui se révèle être aussi malicieuse que ses parents ; sous ses faux airs de sainte nitouche, Polly, fraîchement mariée à un Macheath déjà polygame, se révèle être une femme d’affaires redoutable dès qu’il lui confie le contrôle de ses affaires. Face à la famille Peachum, intraitable, sans scrupules ni sentiments d’aucune sorte, le Mackie d’Eric Pérez est génial à tous points de vue. Rendant coup pour coup lorsque ses intérêts sont en jeu, amoureux de toutes les femmes qu’il rencontre, qu’il s’agisse de Lucie Brown, de Polly Peachum, de la putain Jenny (excellente Flore Boixel, qui passe avec talent du rôle de la cousine dans Périchole à celui de Jenny dans Quat’sous) qui, jalouse de Polly, fera alliance avec les parents de la jeune fille pour faire emprisonner Mackie le surineur. A aucun moment, Pérez qui cosigne la mise en scène, ne se laisse déconcentrer ; il fait de son personnage un chef de gang dur, parfaitement cynique, corrompu et corrupteur prêt à tout pour conserver son «négoce». Dût-il pour cela se mettre dans la poche tous les hommes de son ami Peter «Tiger» Brown le shérif du quartier de Soho où se déroule l’action. Brown qui d’ailleurs, pour sauver la tête de son ami, va jusqu’à endosser les habits de hérault royal. Marc Schapira est digne de ses partenaires : il campe un Brown plein de morgue et de gouaille ; il se régale visiblement à jouer les faux durs pendant toute la soirée. A la tête de l’orchestre d’Opéra Eclaté, modernisé pour l’occasion, Manuel Peskine dirige avec talent la musique de Kurt Weil, allant même jusqu’à endosser les habits du prêtre pour marier Polly et Mackie. La scène est d’ailleurs assez cocasse et ne manque pas de faire sourire. Elle souligne surtout le total engagement de chacun, chanteurs, musiciens, chef, dans le déroulé d’une soirée riche en rebondissements. Cette seconde soirée saint-céréenne est d’une grande qualité grâce à une équipe de chanteurs comédiens survoltés, soudés car ils se connaissent bien ; d’autant que la présence de Nicole Croisille, dont la carrière exceptionnelle est un exemple remarquable de longévité, aiguillonne tout le monde. La mise en scène à quatre mains d’Eric Pérez et d’Olivier Desbordes offre aux artistes, un écrin qui fonctionne très bien. Saint-Céré. Théâtre de l’usine, le 10 août 2016. Kurt Weil (1900-1950) : L’Opéra de quat’sous opéra en trois actes sur un livret de Bertold Brecht (1898-1956). Eric Pérez, Mackie, Anandha Seethanan, Polly, Nicole Croisille, Mme Peachum, Patrick Zimmermann, Mr Peachum, Flore Boixel, Jenny, Marc Schapira, Brown, Sara Lazerges, Lucie, choeur et orchestre Opéra Eclaté, Manuel Peskine, direction. Eric Pérez et Olivier Desbordes, mise en scène, Patrice Gouron, décors, Jean Michel Angays, costumes, Guillaume Hébrard, construction décors, Paolo Calia, graffitis sur toile.

Musique classique et opéra par Classissima



[+] Toute l'actualité (Tabea Zimmermann)
18 nov.
Google Actualité ...
16 nov.
Classiquenews.com...
12 nov.
Resmusica.com
10 nov.
Resmusica.com
4 nov.
Classiquenews.com...
29 oct.
Resmusica.com
18 août
Classiquenews.com...
6 juil.
Resmusica.com
10 juin
Resmusica.com
31 mai
Les blogs Qobuz
25 mai
Resmusica.com
17 mai
En kiosque (via S...
20 avril
Classiquenews.com...
14 avril
Resmusica.com
28 févr.
Resmusica.com
6 févr.
Resmusica.com
20 janv.
Resmusica.com
8 janv.
Classiquenews.com...
6 janv.
Carnets sur sol
2 janv.
Resmusica.com

Tabea Zimmermann




Zimmermann sur le net...



Tabea Zimmermann »

Grands interprètes

Alto Bach Arcanto Quartet Stravinsky Brahms Viola Sonata Ligeti

Depuis Janvier 2009, Classissima facilite l'accès à la musique classique et étend son audience.
Avec des services innovants, Classissima accompagne débutants et mélomanes dans leur experience du web.


Grands chefs d'orchestre, Grands interprètes, Grands artistes lyriques
 
Grands compositeurs de musique classique
Bach
Beethoven
Brahms
Debussy
Dvorak
Handel
Mendelsohn
Mozart
Ravel
Schubert
Tchaïkovsky
Verdi
Vivaldi
Wagner
[...]


Explorer 10 siècles de musique classique ...